Prog in Park 2019 – une troisième édition pour un festival de qualité!

Depuis quelques années, de plus en plus de festivals « spécialisés » naissent ou se développent au sein de la scène Metal. Les 12 et 13 juillet 2019, c’était à la troisième édition du Prog in Park, festival de musique progressive à Varsovie (PL), de se tenir, sur deux jours, une première dans sa courte histoire. La seule scène du festival a fait résonner les guitares d’une affiche d’exception, devant un public nombreux, venu de l’Europe entière. Bilan de ce festival, à découvrir, à faire ou à refaire !

Départ, les yeux embrumés

Vendredi 12 juillet 2019, 3h du matin.

Les yeux encore gonflés par le manque de sommeil, je me réveille pour avaler une piscine de café avant de prendre la route vers l’aéroport de Bruxelles-Charleroi, direction Warsaw-Modlin, en périphérie de la capitale polonaise.

Dès le décollage, je me laisse aller dans les bras de Morphée, la cagoule de mon pull glissée sur mes paupières pour les protéger de cette lumière aveuglante qui règne au-dessus des nuages. On connait tous plus confortable place que les avions de Ryanair. Ce n’est pourtant qu’au moment du choc du train d’atterrissage contre le bitume que je me réveille, toujours bouffie de sommeil.

Attente, bus, attente, train, marche, recherche d’hôtel, dépôt des valises, balade express dans les rues de la capitale, … Juste le temps d’un dernier café avant d’enfin rejoindre, pile à temps pour l’ouverture des portes, les abords du Progresja Music Zone, salle sur le parking de laquelle prennent place les hostilités.

salle-progresja

Jour 1 – On entame les hostilités

2019-progeinpark-planAprès avoir subi une première fouille au corps -processus dont l’intensité ne fera qu’augmenter au cours du weekend (Graouh)- me voilà dans une première zone, avec deux rangées de tables et bancs. J’apprendrai à mes dépens un court instant plus tard que les bières achetées dans cette zone ne peuvent en aucun cas s’approcher de la scène (« Oui, monsieur de la sécurité. Désolée, je vais rapidement la boire pour entrer »).

C’est donc avec une première bière vite expédiée dans le gosier que je découvre la scène du Prog in Park, main stage de taille moyenne faisant face à une régie son empiétant plus que de raison sur la petite plaine bétonnée du festival et gâchant légèrement la vue…

À gauche de l’entrée, quelques tentes vendent le merchandising des groupes du jour pour l’une, du festival pour l’autre. Et, devant elles, le long des barrières, les gens se suivent. Déjà, la file pour acheter un souvenir vestimentaire du festival s’étend jusqu’à la scène. Je vais me placer en fin de cortège et m’amuse de voir que chaque nouvel arrivant sur le site du festival s’étonne d’apercevoir cette cohorte disciplinée avant de, souvent, en rejoindre les rangs.

Le premier groupe de la journée entre en scène.

Sermon

Inconnus à mon bataillon avant d’y être confrontée sur scène, ce n’est qu’après leur passage que j’apprends que le jeune groupe anglais n’a sorti son premier album, « Birth of the Marvellous », que quelques mois plus tôt, en mars 2019.

Sur scène, les six musiciens offrent un spectacle intéressant, mais manquant malheureusement de justesse (point négatif amplifié par un son exécrable qui, heureusement, évolue positivement au cours du set). Le chanteur, caché sous un masque noir, rate parfois sa note ; le batteur peine à garder le rythme ; l’uniformité du matériel utilisé par les guitaristes (trois guitaristes avec les mêmes amplis et les mêmes têtes !) développe un son beaucoup trop homogène qui ne permet pas de bien distinguer les différentes lignes de guitare.

Photo : Sermon au Prog in Park 2019
© Justyna Kamińska

A posteriori, d’avoir appris que le groupe n’en est qu’à ses débuts et séduite par le magnifique artwork de leur album, j’ai envie de laisser une chance à leur potentiel. J’espère que les enregistrements studio sur lesquels ils ont travaillé les feront sortir du lot des productions actuelles et que je n’aurai plus à attendre d’eux, pour la prochaine fois, qu’ils aient pris leurs marques sur scène. Affaire à suivre…

Ce n’est qu’à la fin de la prestation de Sermon que j’arrive enfin au Graal pour lequel je patientais, alors que la foule se rue sur le stand de merchandising, peu préoccupé par l’ordre de la file des gens qui attendaient jusque-là patiemment leur tour. Je ne me serai donc fait gruger que de quelques places (ce qui ne m’a pas empêchée de prendre un petit air offusqué, juste pour le plaisir).

Merchandising Prog in Park 2019

Alcest

Photo : promo picture AlcestC’était ensuite aux Français d’Alcest de monter sur scène. Depuis quelques années, il n’est plus rare de voir passer un T-shirt vantant l’un ou l’autre album du groupe aux événements. Pourtant, et bien que j’aie essayé encore et encore, leur musique est trop « mignonne » pour m’intéresser.

C’est donc aux antipodes de l’excitation que j’assiste aux vocalises du chanteur durant les sound checks. Le public est pourtant nombreux devant la scène, au point que je décide de m’extirper de la foule et aller regarder le concert de loin, assise (eh oui, avec les années, les jambes et le dos ne tiennent plus le coup aussi bien qu’avant… C’est du sport tout ça !). Pour moi, rien ne ressemble plus à un concert d’Alcest qu’un autre concert d’Alcest, j’observe donc, dubitative, un public qui semble conquis.

TesseracT

 

Photo : Tesseract au Prog in Park 2019
© Kvlt Magazine PL

Deuxième groupe britannique de la journée, TesseracT m’a habituée au meilleur comme au pire. Entre changements de line-up et albums plus ou moins entraînants, la constance n’est pas le fort de la formation.

Au Prog in Park, ils m’ont fait un énorme plaisir en commençant leur set par des morceaux de leur excellent et entraînant premier album, « One » (2011). Bien en place, l’ensemble du groupe semblait heureux d’être là, du bassiste pieds nus au chanteur qui s’est offert un bain de foule sur leur troisième morceau.

Au fur et à mesure, pourtant, la critique négative a repris le dessus. Samples en continu, peu de variations tant instrumentales que vocales, manque d’envolées puissantes. Daniel Tompkins, chanteur, arrive rapidement à ses limites vocales, dans un ambitus peu étendu en comparaison d’autres artistes moins bien cotés.

Quoi que j’en pense, le public accroche plutôt bien et le set est accueilli puis applaudi chaleureusement. Il n’empêche que je profite de celui-ci pour aller découvrir les abords du Progresja et me dégourdir un peu les jambons.

Fish

Pour cause d’une fouille au corps menée encore plus en profondeur que la première (quand le soutien-gorge et les poches arrières du pantalon y passent avec autant de zèle, aucun risque de faire entrer des armes, à moins que celles-ci ne soient profondément enfouies), ce n’est qu’un peu après le début du set de Fish que j’arrive à nouveau devant la scène.

 

Photo : Fish au Prog in Park 2019
© Kvlt Magazine PL

Bien connu en tant que chanteur du groupe Marillion, Fish se débrouille plutôt bien sur scène. Le soixantenaire se montre impliqué et joue d’une voix profonde qui ne laisse échapper aucune fausse note. Il déclame ses textes devant un public de fans conquis. Certains, rencontrés plus tard dans la soirée, m’avoueront même n’avoir fait le déplacement que pour lui et être habitués à le suivre dans ses tournées (ce qui me rassure quant à mon propre comportement : non, je ne suis pas la seule hurluberlue à traquer les dates de tournées de mes groupes préférés, quitte à avaler les kilomètres !).

Fish n’est pas seul à supporter la richesse de ses textes. À ses côtés, une petite femme se distingue par une voix gospel qui, j’avoue, arrive à me soutirer quelques frissons. Les musiciens sont justes, à leur place.

Sans dire que je passerai mes nuits à honorer la carrière solo de l’artiste, je m’y replongerai avec plaisir et ne manquerai pas de retenter l’expérience live si l’occasion se présente à nouveau.

Opeth

 

Photo : Opeth au Prog in Park 2019
 © Kvlt Magazine PL

Cette première journée s’est terminée avec Opeth. Les ayant déjà vus à plusieurs reprises et leur set étant -comme toujours- d’une certaine longueur, voire d’une longueur certaine, j’ai fini d’écouter celui-ci attablée avec des Anglais.

Comme toujours, Akerfledt assure le show et déclame ses blagounettes entre chaque morceau. Au début de « In My Time of Need » (si ma mémoire ne me joue pas de tour), il place également une petite dédicace à Martin Lopez, ancien batteur du groupe, apparemment dans l’audience puisque devant se produire sur la même scène dès le lendemain.

C’est un peu après la fin de leur set que je me ferai gentiment mettre dehors par la sécurité (non, non, je n’avais rien fait de répréhensible, je pense qu’ils voulaient juste finir leur journée !). Deux arrêts de tramway plus loin, je rejoins mon lit avec le sentiment d’avoir passé une excellente journée…

Jour 2 – On ne baisse pas en intensité

Après quelques cafés et un copieux petit-déjeuner, c’est à pied et en me laissant aller à quelques pérégrinations dans la banlieue de Varsovie que je rejoins le site du festival.

À noter, si vous voulez investir dans l’immobilier, la Pologne me semble offrir un excellent rapport qualité-prix… Enfin, je ne me base que sur les nombreux panneaux annonçant les projets immobiliers en devenir qui ont jalonné ma route jusqu’à l’entrée du festival. Reste à savoir si la banlieue de Varsovie vous offre une perspective de vie agréable ou non. Quoi qu’il en soit, on s’éloigne du sujet…

Bright Ophidia

Ce sont les Polonais de Bright Ophidia qui ouvrent la seconde et dernière journée du festival.

Photo Promo : Bright Ophidia

La voix du chanteur, qui se situe entre celle de Curt Cobain et celle de David Draiman, me ramène dans les très jeunes années de mon adolescence. Le bassiste est extrêmement fluide dans son jeu.

Globalement, le groupe ne se défend vraiment pas mal et se laisse écouter… À la sortie de leur show, je prévois de jeter une oreille plus attentive à leur musique, déjà gravée sur quatre albums et quatre démos.

Soen

Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis attachée à Soen depuis que je les ai découverts en 2014 avec leur premier album. Depuis, pas une tournée n’a échappé à ma présence. Mais on peut dire que la tournée de leur dernier album, « Lotus », m’aura fait bouger plus que d’ordinaire !

Quand le groupe monte sur scène, je ne peux m’empêcher de ressentir une légère appréhension, le dernier show auquel j’ai assisté ne m’ayant pas convaincue plus que ça.

 

Photo : Soen au Prog in Park 2019
© Kvlt Magazine PL 

Pourtant, très vite, je suis prise dans l’ambiance. Le groupe semble en forme et offre une excellente prestation, devant un public ultra-réceptif. La popularité de Soen ne cesse d’augmenter depuis leur dernier album, soutenue par une communication digitale très bien menée ainsi que par les deux clips « polémiques » qui en ont été tirés, ceux de Martyrs et de Covenant.

Devant eux, le public chante de bon cœur presque tous les morceaux joués et, à la fin de son set, le groupe repart suivi par une salve d’applaudissements impressionnante. La participation du public est d’ailleurs chaleureusement saluée par les membres du groupe avant que ceux-ci ne quittent la scène. 

Si je ne devais retenir qu’un point négatif, ce serait les basses beaucoup trop présentes sur le premier morceau puis sur les parties solos. Était-ce dû à la configuration de l’endroit et à sa résonance, à la fatigue de l’ingénieur du son pourtant habitué à son groupe, ou à un autre détail technique qui m’aurait échappé ? Peu importe, la prestation n’a pas été gâchée, loin de là.

 

Haken

Après la prestation ovationnée de Soen, Haken a dû monter sur scène avec quelques pressions sur les épaules.

Personnellement, c’est avec appréhension que j’attendais le groupe, souvent déçue lors de leurs passages sur scène depuis la sortie de leur album « Affinity » en 2016. Si cet opus, aux sonorités 80’s très marquées a permis au groupe d’échapper à l’anonymat, il a marqué la fin de mon histoire sentimentale avec leur musique.

Photo Promo : Haken - Vector (2018)C’est donc totalement ignorante qu’un nouvel album, « Vector », avait été enregistré par le groupe en 2018 que j’ai assisté à ce concert. Et, honnêtement, j’ai été agréablement surprise. La prestation est fondamentalement bonne, le groupe n’abuse plus des sons électros et développe une bonne énergie sur scène.

Rien à dire, on a affaire à un groupe professionnel qui agit comme tel.

Photo : Haken au Prog in Park 2019
© Justyna Kamińska

 

Richie Kotzen

Photo : Richie KotzenL’arrivée de Richie Kotzen sur scène m’a fait prendre conscience de plein fouet d’un gros manque à la culture musicale. Je n’avais jamais entendu parler de lui.

Et pourtant, le guitariste n’est pas le dernier dans ce qu’il fait ! Un jeu catchy, mélange de blues, de rock, de jazz. Une musique idéale pour profiter du concert de loin en sirotant une bière tranquillement.

Cette petite parenthèse un peu plus « classique » était certainement agréable. Je suis déçue de ne pas savoir en parler plus, cette musique étant trop éloignée de mon domaine habituel pour que je me sente légitime à en discuter. Peut-être la prochaine fois !

Dream Theater

La tête d’affiche du festival était attendue avec impatience par beaucoup. Avant l’arrivée de Dream Theater sur scène, la plaine est déjà noire de monde.

L’une des marques de fabrique du groupe est certainement l’impressionnant rack de la batterie, qui dessine une arche au-dessus des fûts. Pourtant, et bien que je ne sache évidemment pas jouer le quart de la moitié du tiers de ce qui résonne, je trouve les parties batterie parfois un peu surfaites en comparaison à cet énorme matériel.

Photo : Rack de batterie de Dream Theater

Finalement, rien ne ressemble plus à un show de Dream Theater qu’un autre show de Dream Theater (tiens, j’ai déjà dit ça pour Alcest, non?). Au bout d’une grosse heure, la fatigue me gagne et je décide d’émerger de la masse de gens pour aller me réfugier sous ma couette.

En somme…

Prog in Park 2019 - RunningCette première expérience du Prog in Park a été plus que convaincante ! Bien que le lieu mérite quelques améliorations et que je ne comprends toujours pas pourquoi il n’est pas possible de passer avec une boisson achetée sur le site d’une zone à l’autre de celui-ci (il est des mystères qui ne s’éclaircissent jamais), ce petit festival développe un potentiel réel.

Pour une troisième édition, la programmation s’est avérée excellente. Le public, venu de nombreux pays, était exceptionnellement impliqué, ce qui améliore tout naturellement l’expérience.

La Pologne est, évidemment, un pays où il fait financièrement bon se rendre quand on habite un pays d’Europe de l’Ouest. S’offrir un bon hôtel, un bon repas ou quelque petit extra y est tout à fait possible sans pour autant avoir à casser sa tirelire.

Finalement, je ne peux dire qu’une chose : bien vite le line-up de l’édition 2020, que je puisse avoir une bonne raison d’acheter les tickets !


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