Concert : de Göteborg à La Louvière, Freak Kitchen fait danser les foules.

À l’occasion de la tournée pour leur album « Confusion to the Enemy » (2018), les Suédois de Freak Kitchen se sont arrêtés à La Louvière le 2 mars 2019. Ce passage en Belgique était une excellente raison de présenter ce trio hors norme et pour le moins « catchy » à toute personne qui n’aurait pas encore eu la chance de les découvrir, afin de pouvoir y remédier au plus vite! 

Encore des Suédois? Et quels Suédois!

C’est en 1992 que Freak Kitchen a vu le jour, construit autour de son guitariste-chanteur-virtuose, Mattias « IA » Eklundh. Dès ses débuts, le haut niveau de qualité du groupe est reconnu, puisque leur premier album Appetizer (1994) gagne le « Swedish Zeppelin Award » du meilleur album Hard Rock de l’année.

Après la sortie du quatrième album du groupe, en 2000, le line-up change et Mattias est rejoint par Björn Frylund (batterie) et Christer Örtefors (basse-chant). Aujourd’hui, ce trio semble encore prêt à faire un bon bout de chemin ensemble.

Frek_Kitchen_groupe

Loin de promouvoir une complexité musicale pour le simple plaisir de se jouer de complications exacerbées, le groupe présente un Prog’ Metal catchy, jazzy, qui offre des refrains faciles à retenir et donne envie de danser. Le tout est saupoudré d’une bonne dose de virtuosité musicale. En deux mots, leur musique pourrait avoir l’air simple, mais elle est loin de l’être.

À cette esquisse d’équation musicale, il faut ajouter l’humour et la jovialité du groupe et de ses membres, qui se ressentent aussi bien dans leurs paroles que dans leur présence sur scène. Assister à un concert de Freak Kitchen est toujours une expérience à part entière et un bon exercice pour les zygomatiques.

Une tournée européenne qui est passée par La Louvière

Affiche Concert Freak Kitchen 2019

Confusion to the Enemy, le neuvième album de Freak Kitchen, est sorti le 21 septembre 2018, quatre ans après leur précédent opus, Cooking with Pagans. Évidemment, chaque nouvelle sortie d’album fait naître chez les fans l’espoir d’une tournée qui passerait non loin de chez eux. Si, pour les fans de Freak Kitchen dont j’admets sans rougir faire partie, l’attente entre deux tournées est toujours trop longue, on a pu croire que celle-ci n’arriverait jamais tant son annonce a tardé.

Quand le drapeau belge s’est affiché derrière l’escargot du dernier album s’est affiché sur la page Facebook du groupe, ce fut la libération : oui, le trio allait venir nous rendre visite !

Contrairement à leurs précédents passages en Belgique, pas d’arrêt au Spirit of 66 de Verviers cette année… Après un passage à Roeselare le 1er mars 2019, ce sont les portes de la salle « Le Stock », à La Louvière, qui se sont donc ouvertes à une petite centaine de personnes.

Antoine Goudeseune fingerpicking The Beatles, mise en bouche technique

Antoine Goudeseune n’est pas n’importe qui, puisqu’il est le premier et l’un des seuls belges (je pense qu’ils ne sont que deux en tout) à avoir un jour pris part aux Freak Guitar Campces camps d’entraînement intensifs à la pratique de la guitare, organisés et animés par Mattias Eklundh, et qui attirent chaque année des disciples du « Guru » venus des quatre coins de l’Europe, voire du monde.

Vêtu d’un T-shirt bleu orné d’un flashant « Freak Kitchen » jaune sur la poitrine, un verre d’Orval à la main, Antoine fait donc son entrée sur scène. Avec perspicacité, et avec un peu d’autodérision, il annonce qu’il ne va pas nous retenir longtemps, qu’il sait bien qu’on n’est certainement pas venus pour la première partie. Bref, il nous propose de ne nous retenir qu’une petite demi-heure avec ses réinterprétations, à la guitare seule, de certains des plus grands tubes des Beatles.

Beatles Abbey Road by Antoine Goudeseune
© Antoine Goudeseune

Assis face à son micro, quelques pédales à ses pieds, Antoine Goudeseune a donc entamé sa démonstration technique. Si j’avais, de base, apprécié les musiques des Beatles, j’aurais sans doute été plus que conquise par ce show, mené par un sympathique musicien qui, à l’instar de son Guru, semble vouloir faire passer le techniquement complexe pour simple.

Issus de l’album Abbey Road, c’est d’abord « Come Together » qui a été repris et magnifié par l’artiste, avant de laisser le même sort s’abattre sur « I Want You (She’s So Heavy) ». Là, Antoine nous prévient, c’est la seule fois du concert qu’on le verra « tricher » à l’aide d’une pédale loop, mais « ce n’est pas tricher quand c’est bien fait ». À cela, j’ai envie de lui répondre directement : la loop n’est pas tricher, certainement pas quand elle est employée aussi judicieusement et justement que tu l’as fait (tu ne chantes pas, je n’ai donc pas à te mettre en garde concernant auto-tune, là, on aurait eu un vrai problème) !

Antoine Goudeseune acoustiqueEnfin, cette première partie s’est achevée en émotion, avec une interprétation acoustique de « Accross the Universe », dédicacée à « Eliano ». Après quelques mots, on comprend qu’il était une figure connue des habitués du Stock et qu’il les a quittés, sans doute injustement. Le public avance et se presse alors qu’Antoine Goudeseune défait ses branchements et vient s’asseoir au bord de scène. Si le silence a eu du mal à se faire une place dans l’audience restée en arrière, le niveau sonore baisse toutefois considérablement autour du guitariste qui interprète son morceau en douceur.

Avant de quitter la scène, Antoine Goudeseune rappelle qu’il a quelques albums à vendre. Il précise aussi que ça ne sera disponible qu’après le concert de Freak Kitchen, parce qu’il est aussi là pour profiter du concert ! C’est d’ailleurs ce qu’il a fait, passant presque tout le spectacle derrière la régie son, à profiter de la musique un verre de bière belge à la main.

Je le répète, je n’aime pas les Beatles. C’est sans doute pour ça que je n’ai pas accroché autant que je l’aurais voulu au show d’Antoine Goudeseune. En dehors de cela, je dois admettre que ce guitariste mérite qu’on le découvre, qu’on vienne le voir et l’applaudir. Le moment qu’il nous a fait passer était très sympathique, sa prestation technique très bien menée. Quiconque apprécie les Beatles devrait le découvrir et le faire découvrir autour de lui.

Entrée en scène des freaks

Après une courte pause, ce fut enfin au trio suédois de faire son entrée sur scène, devant un public apparemment déjà rallié à la cause.

Concert Freak Kitchen La Louvière

Christer (basse) ouvre la marche. Affublé, comme toujours, de son casque, de ses grosses lunettes et de sa veste pare-balles siglée « Freak », il vient se placer à gauche de la scène. Il est suivi de près par Mattias (guitare/chant) qui arrive tout sourire sur scène, l’air fatigué, mais heureux de retrouver son public, et branche sa Caparison 8 cordes. Et c’est enfin à Björn (batterie) de sautiller derrière ses fûts et cymbales.

Christer Concert Freak KitchenUne fois le trio en place, efficacement entouré par les bannières à l’effigie du dernier album placées sur les côtés et à l’arrière-scène, le show démarre sur les chapeaux de roue avec « Morons », extrait du dernier album.

Les morceaux se succèdent ensuite, ponctués par un dialogue constant avec le public : Mattias dédicace  le morceau « Taste my Fist » à Antoine Goudeseune; nous explique qu’il vit dans la campagne suédoise, à 40 minutes de Göteborg, pour camper le décor de « Troll »; s’entraîne à prononcer « La Louvière », qui devient vite « La Louv-yeah-yeah-yeah-r » repris par le public chargé par le maestro de faire écho à sa voix; nous parle de ses jeunes années à Copenhague ou « low-budget Amsterdam » selon ses mots; ou nous explique que « Porno Daddy » est inspiré d’une histoire vraie.

Christer et Björn ne sont pas en reste et s’amusent également à faire interagir le public, qui se laisse faire, très concilient. Ce dernier aura d’ailleurs droit à un cours de suédois live, en se voyant mis au défi de reprendre le refrain de « Så Kan Det Gå När Inte Haspen Är På », chanson au rythme effréné et, bien entendu, entièrement chantée en suédois. Si certains semblent plutôt à l’aise avec l’exercice, au point que je les suspecte de s’être longuement entraînés pour l’occasion, d’autres tentent de donner le change en bougeant les lèvres à peu près en rythme.

Au final, Freak Kitchen offre près de deux heures d’un spectacle d’une qualité exemplaire à son public. Malgré une fatigue qui se fait sentir à quiconque a déjà eu la chance d’apprécier le trio sur scène, une voix un peu éreintée en début de set, des cernes marqués sur les visages, quelques erreurs pour chacun des musiciens, le taf est fait. Quels qu’aient été les points négatifs soulignés, ceux-ci ont été presque effacés par la qualité de la relation que le groupe a été capable d’établir avec son public.

À noter enfin que quelques soucis de son et de lumière ont perturbé le spectacle. Plusieurs fois, Christer Örtefors a dû se plaindre du son de sa basse, des retours, etc. Au niveau des light, je regrette la simplicité du spectacle ainsi que le fait que les musiciens aient par moment été plongés dans l’obscurité la plus totale pendant leurs solos, rendant ainsi leur travail technique impossible à apprécier.

Après leur spectacle, les membres du groupe se sont offert un bain de foule, comme ils en ont l’habitude, en toute simplicité. Fatiguée d’être restée debout le temps du concert (je me remets d’un accident qui m’a laissée avec une cheville en miettes), je n’ai pas participé, cette fois, à ce sympathique échange. Mais j’ai repris la route le sourire aux lèvres, impatiente d’avoir à nouveau l’occasion de me déplacer pour ovationner ce trio qui, parmi beaucoup, a ma préférence.

Une setlist qui s’est baladée dans la discographie de Freak Kitchen

Si l’entièreté de la discographie du groupe n’a pas été passée en revue et qu’on peut toujours regretter, à titre personnel, l’un ou l’autre morceau (je me damnerais pour « Anal Bleach », « Mathematics of Defeat », « Breathe », et tant d’autres), Freak Kitchen a proposé une setlist cohérente, qui nous a fait voyager dans l’histoire du groupe.

  1. « Morons », Confusion to the Enemy – 2018
  2. « Professional Help », Cooking with Pagans – 2014
  3. « Taste my Fist », Spanking Hour – 1996
  4. « Porno Daddy », Move – 2002
  5. « Troll », Confusion to the Enemy – 2018
  6. « Push through *« , Confusion to the Enemy – 2018
  7. « Speak When Spoken To », Organic – 2005
  8. « Freak of the Week », Cooking with Pagans – 2014
  9. « Raw », Appetizer – 1994
  10. « Så Kan Det Gå När Inte Haspen Är På », Confusion to the Enemy – 2018
  11. « By the Weeping Willow *« , Confusion to the Enemy – 2018
  12. « Ranks of the terrified », Cooking with Pagans – 2014
  13. « Razor Flowers », Move – 2002
  14. « Propaganda Pie », Move – 2002
  15. Rappel — « Nobody’s Laughing », Move – 2002

*titres dont le chant est principalement assuré par Christer Örtefors


Dédicace à Maxime qui aurait souhaité que cet article soit titré « Suédois d’honneur ».
Tes jeux de mots sont un soleil dans notre quotidien à tous. ❤


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