Festival : Gothoom Open Air 2018

Bannière_Gothoom_2018

Perdu au fin fond de la Slovaquie, la petite scène du Gothoom Open Air 2018 a accueilli des groupes de nombreuses origines avec des feedbacks plus ou moins positifs mais un public impliqué. Récit de ce voyage… 

Du jeudi 5 au samedi 7 juillet 2018, pas moins de 41 groupes qui étaient attendus au Gothoom Open Air, en Slovaquie. Le petit festival se défend extrêmement bien en accueillant en plus de groupes locaux ou étrangers de faible notoriété des noms bien connus comme Vader, Septicflesh, Schammasch, Darkened Nocturn Slaughtercult, etc.

Une localisation pas désagréable

Le festival est installé près d’un village qui s’appelle Ostrý Grún, à un peu plus de 150 km de Bratislava (SL).

Ostry_grun_GothoomIl y a très certainement moyen de rejoindre le site du festival en transports en commun mais la voiture me semble de loin plus pratique. Il faudra cependant trouver le chemin une première fois, en suivant des panneaux plus qu’approximatif. Mais, une fois le festival localisé, son accès s’avère assez facile. Une fois la voiture garée, elle pourra servir de maison temporaire… Que c’est pratique !

À quelques kilomètres de là se trouve un supermarché dans lequel il est plaisant de se fournir en produits frais le matin… Et dans le cas où le besoin de boisson et de nourriture serait trop important pour attendre d’avoir fait la route jusque-là, une auberge sert des plats locaux assez nourrissants et des verres de 50 cl de bière à deux pas du site du festival.

Chateau RevisteOutre des champs à perte de vue, les abords du festival abritent également un cours d’eau dans lequel certains festivaliers ont pu aller barboter.

Enfin, la grosse attraction touristique de la région est le hrad Revište (château Revište), les ruines d’un château qui trônent à 100 mètres d’altitude de sorte qu’on peut y admirer un panorama impressionnant. Le château a été initialement construit au 14e siècle avant que des fortifications y soient ajoutées. Partiellement détruit en 1678, des travaux de conservation sont aujourd’hui entrepris (pour lesquels vous pouvez d’ailleurs donner une petite pièce, n’hésitez pas si vous en avez l’occasion) …

Un festival aux allures « artisanales »

De l’entrée à la scène, le Gothoom Open Air a de quoi déstabiliser tout metalleux habitué des grandes organisations par son côté presque « artisanal ».

Running Order Gothoom Open Air 2018Du coup, après avoir échangé un ticket contre un bracelet (rose!) et avoir reçu en cadeau un tour de cou (rose!) au bout duquel se balance le programme du weekend (attention appréciable), on entre sur un site dont les limites ne sont pas très nettes. Au bout d’un chemin, une petite plaine sur laquelle trône la seule et unique scène du festival. En face d’elle, de part et d’autre de la régie son sont disposées deux colonnes de bancs sous des parasols qui s’avérèrent aussi utiles contre le soleil que contre la pluie.

Un peu plus loin, un espace bar avec deux pompes permet de commander, au choix, une bière légère (3,5°) ou « forte » (5°) ainsi que des schnaps et autres boissons locales. « Guet-à-pintes » assuré si on ne prend pas garde… Heureusement, il y a aussi de quoi se sustenter et éponger un peu ces boissons : nourriture slovaque typique, assiettes vegan et bon vieux burgers.

Mais là arrive l’aspect le plus déstabilisant du festival. Au même niveau que le bar, un rien plus éloigné de la scène, se trouvent le parking et le camping des festivaliers. Si cette configuration existe dans d’autres festivals, la différence réside dans le fait qu’aucune clôture ou entrée surveillée ne sépare le festival du camping. Dès lors, il n’est pas rare de voir des festivaliers se balader avec leurs propres boissons, y compris dans des bouteilles en verre, sur le site du festival. Et le service de sécurité ne semble pas s’en émouvoir outre mesure.

Au final, dans son organisation, ce festival ressemble d’assez prêt à certains des événements gratuits auxquels j’ai pu participer au cours de mes jeunes années…

Des groupes de tous horizons pour une affiche qui se défend

Malgré son image de « petit festival », le Gothoom Open Air accueille chaque année des groupes qui valent le déplacement : en 2015, Insomnium, Agalloch, Cryptopsy; en 2016, Rotting Christ, Napalm Death, Batushka; en 2017, Mgla, Morgoth, Leprous.

En 2018, de nombreux genres étaient représentés par Exodus, Vader, Septicflesh, Entrails, Darkened Nocturn Slaughtercult, Schammasch, Zhrine, Obsure Sphinx, Inferno, …

Jeudi 5 juillet 2018 – La journée « Black Metal »

Malgré quelques problèmes techniques ayant engendré des larsens plus que désagréable, les performances du jeudi ont été plutôt agréables à apprécier.

Photo chanteur Schammasch
© Laurent Ribot

À 19h00, Schammasch est rentré sur scène. La lumière commençait alors à décliner sur le festival, permettant à l’audience d’entrer d’autant plus profondément dans les lourdes mélodies du groupe suisse. Appartenant à la vague « chamanique » qui se développe au sein de la scène Black Metal ces dernières années, Schammasch propose une ambiance mystique toutefois interprétée avec beaucoup de justesse. Dans cette ambiance cérémoniale, ce sont des compositions ambitieuses qui sont parfaitement interprétées par les musiciens. Leur prestation m’a réellement enthousiasmée, ce qui n’est pas monnaie courante pour un groupe qui accueille trois guitaristes (généralement, il y en a un de trop pour moi!).

Suite à un avion retardé, le planning du festival a dû être modifié. Svartidaudi a été retardé et c’est le groupe tchèque Inferno qui a pris la relève. Leur performance ne m’a laissé aucun souvenir impérissable, j’ai d’ailleurs été un peu agacée par leur prestation scénique au sein de laquelle l’apparence du groupe a pris plus d’importance que la musique.

Photo Gothoom Darkened Nocturn SlaughtercultDirectement après ce spectacle passable arrive sur scène le groupe allemand Darkened Nocturn Slaughtercult. Emmené par l’emblématique chanteuse « Onielar », également active dans le groupe Bethlehem et qui avait été qualifiée de « most terryfying metal frontwoman on the planet » par le magazine Loudwire en 2012, le groupe livre un Black Metal simple mais efficace, suffisamment haineux pour tordre les boyaux du public. Onielar est habillée en blanc, les épaules couvertes de ses longs cheveux blonds, entourée par ses autres musiciens torses nus. La performance est impressionnante, simplement.

Quand Blaze of Perdition monte sur scène, je suis malheureusement trop fatiguée pour apprécier leur musique à sa juste valeur. C’est donc sur leur set, dont je n’ai rien retenu, que s’est achevée cette première journée de festival dont je retiendrai en particulier les performances de Schammasch et Darkened Nocturn Slaughtercult.

Vendredi 6 juillet – une journée « parenthèse »

Le vendredi fût sans nul doute la journée la moins intéressante selon mes goûts musicaux. La plupart des groupes nous ont joué un Death Metal basique et sans originalité. À chaque groupe, j’ai eu cette même réflexion qu’il n’y avait rien de neuf sous le soleil. On pourrait me rétorquer qu’il ne faut pas nécessairement que ce soit neuf pour être bon. Je rétorquerais qu’effectivement, il faut que ce soit bon pour être bon, ce qui n’était malheureusement pas le cas.

En fin de journée, Exodus a livré un spectacle comme tous les autres, certainement excellent pour ceux qui apprécient le groupe et dont je ne fais malheureusement pas partie. C’est ensuite Septicflesh qui est monté sur scène, les membres du groupe portant leurs combinaisons d’écailles métallisées. Une grande partie de leur spectacle a été assurée par des samples, comme c’est le cas depuis quelques années maintenant.

Je regrette de ne pas avoir vu Mord ‘a’ Stigmata qui, à en croire les échos que j’en ai eu, ont joué un Black Metal simple mais une atmosphère prenante, malheureusement devant un parterre à moitié vide. J’espère avoir l’occasion de les voir un jour.

Gothoom Open Air Bières

Samedi 7 juillet – Les inconnus irlandais de Soothsayer comme meilleure découverte de la journée

La journée a commencé lentement, avec les groupes Acid ForceDeadfreight of Soul et Zhi Ren. Rien de particulier à retenir de ces shows, certes énergiques mais manquant de mise en place. À revoir éventuellement dans quelques années, une fois que les groupes auront trouvé leur voie/voix.

Photo Gothoom SoothsayerLa véritable bonne surprise de la journée est venue avec le groupe irlandais Soothsayer. Le spectacle a débuté sur une partie qui n’a pas spécialement plu au responsable de la scène : sur une musique lente et pesante, le chanteur bat la mesure en tapant avec son trousseau de clés sur son micro. Par la suite, le chanteur à continuer à déployer une énergie impressionnante, que ce soit quand il a sauté au centre des spectateurs ou qu’il a grimpé à la structure métallique de la scène. Malgré une musique plus énergique que celle de Shinning (SWE), l’attitude et les sonorités rappellent l’expression du groupe de Nikolas Kvarfor. Soothsayer est sans conteste un groupe à tenir à l’oeil qui pourrait nous réserver de bonnes surprises dans les années à venir.

Les groupes suivants étaient pour le moins prévisibles. Rien de négatif en soi et chaque groupe nous a réservé un Death Metal plus ou moins classique, plus ou moins efficace, tantôt avec des influences Thrash ou Black.

Vader a distillé son Death Metal polonais avec des chansons puissantes qui ont été accueillies à bras ouverts par le public.

Photo Gothoom solstafirSi de nombreux groupes intéressants étaient encore prévus au programme, notamment Oscure Sphinx pour ne citer qu’eux, la soirée s’est achevée pour moi durant le set des islandais de Solstafir. Leur musique est certainement bien faite et nous rappelle les grands espaces de leur pays d’origine. Mais, chaque fois que je les vois (et je les ai déjà vus souvent), je m’ennuie… Je suis loin de critiquer la musique en tant que telle. Je trouve simplement que c’est le genre de musique à écouter chez soi, couché dans le canapé, alors que sur scène, aussi bien joué et joli que ce soit, c’est beau mais que ça manque de punch.

Retour à la réalité post-festival tempérée par un peu de tourisme à Bratislava

Le dimanche matin, il était temps de revenir doucement à la réalité. Après quatre nuits passées dans la voiture de location, celle-ci, qui nous avait été louée avec une odeur de neuf, ne sentait plus que le vieux chien mouillé alcoolique. C’est donc avec toutes les fenêtres ouvertes que nous avons parcouru la route jusqu’à Bratislava, pour y passer deux jours avant de rentrer. La ville vaut la peine d’être visitée, malgré sa taille tout à fait minuscule pour une capitale (résultat de la scission de la Tchécoslovaquie).

Tourisme BratislavaLe centre historique est fait de rues piétonnes où il fait bon se balader. Les maisons ne sont pas trop hautes et leurs couleurs pastelles sont douces pour les yeux. De nombreux cafés et restaurants bordent le chemin, de quoi s’asseoir pour profiter du temps en dégustant une spécialité locale ou en se désaltérant. L’exemple le plus frappant est d’ailleurs la rue touristique principale, Hviezdoslavovo námestie, dans laquelle artistes de rues performent devant un public qui profite d’une boule de glace à l’abri des arbres. 

Aux abords du centre se trouvent de nombreux points d’intérêt à voir et/ou à visiter : églises, musées, statues, ainsi que le palais Grassalkovich, château qui surplombe la ville et est entouré d’un parc dont une extrémité offre un panorama impressionnant sur le Danube.

Statue urbaine Bratislava

Bratislava m’a semblé une destination idéale pour quiconque a besoin d’un petit weekend de calme à l’étranger.

Gothoom Open Air et Slovaquie, qu’en penser finalement?

Je conseille à toute personne qui voudrait aller au Gothoom Open Air de ne pas hésiter et de foncer!

Outre un prix avantageux pour les habitants d’Europe de l’Ouest, que ce soit pour le tickets ou pour les consommations sur le site du festival, l’ambiance est au rendez-vous, le son est bon, le cadre est agréable et la programmation vaut la peine qu’on se déplace, malgré des premières parties souvent mitigées.

La Slovaquie offre des possibilités de visites touristiques intéressantes, qui raviront les amateurs d’histoire et offriront une quantité incroyables d’opportunités de ramener de belles photos et de beaux souvenirs à la maison.

Aucun doute que je retournerai au Gothoom Open Air le jour où j’en aurai l’occasion et qu’une programmation intéressante me titillera le tympan.


Gothoom Open Air

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Les groupes à retenir du Gothoom Open Air 2018

Schammasch

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Darkened Nocturn Slaughtercult

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Soothsayer

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