Review : Soen – Lotus (2019)

C’est au Metaldays de 2014 que j’ai découvert le groupe Soen. Sur la main stage et avec un line-up partiellement différent, le groupe y avait alors interprété leur premier album, l’excellentissime « Cognitive » (2012), un des rares albums à m’avoir rythmiquement perdue plus d’une fois dans les premières écoutes. Depuis, je leur suis restée fidèle, avec plus ou moins d’enthousiasme pour leurs albums. Après un « Tellurian » (2014) que je n’apprécie que moyennement et l’album « Lykaia » (2017) accessible et entraînant, le groupe nous revient avec son quatrième opus, « Lotus ». Officiellement sorti le 1er Févier 2019, le moins que l’on puisse dire est qu’il me laisse dubitative… 

Album_Soen_Lotus

 

Une communication rodée pour un album très attendu

L’album était bien entendu attendu de pied ferme de la plupart des fans du groupe. Mais mon petit doigt me dit que la communication développée autour de la sortie de Lotus a certainement fait naître de nouvelles passions musicales.

En effet, trois ou quatre mois avant la sortie officielle, le groupe a commencé à distiller les informations au compte-goutte… Entre trailers vidéos, bribes d’informations sur la composition et dévoilement de passages choisis, le groupe a su faire naître l’envie, la curiosité et l’impatience chez son auditoire (en tout cas, chez moi).



« Rival » fut ainsi le premier morceau dévoilé, suivi par « Martyrs » et son clip vidéo. Enfin, « Lotus » avec ses paroles et son clip animé, juste avant que l’album ne soit entièrement publié.

Certaines reviews parues sur Internet avant la sortie officielle de l’album étaient dithyrambiques et Lotus s’est vu gratifié de notes incroyables flirtant de près avec, voire atteignant, le 10/10. Et j’ai malheureusement une tendance naturelle à me méfier de ce qui semble trop parfait…

Une première écoute peu convaincante

Le grand jour arriva enfin et avec lui un vinyl dans ma boîte aux lettres (je salue d’ailleurs ma factrice, bien que je doute qu’elle ne me lise un jour).

Ma première écoute confirma les craintes qu’avait fait naître la découverte des premiers extraits postés par le groupe. J’eus l’impression marquée d’un manque de cohérence entre les morceaux. Ceux-ci s’enchaînent sans qu’un fil conducteur offrant une véritable uniformité à l’album ne soit présent (autre qu’un thème commun). Certains morceaux m’ont semblé avoir été composés pour Lykaia puis laissés de côté et réutilisés pour compléter le nouvel opus. La seule chose dont je fus directement convaincue a été que le groupe a trouvé son son.

Moi qui suis généralement quelqu’un de passionné et capable d’écouter une nouvelle découverte dix fois d’affilée, Lotus ne tourna qu’une fois dans mon casque le jour de sa sortie…

Groupe Lotus 2

L’album plus en détail

Au bout de quelques jours, je décidai de me replonger dans Lotus, avec attention et patience. Je l’écoutai d’une traite, puis je réécoutai certains morceaux avec plus d’attention, protégée des bruits environnants, au calme, avant de le réécouter encore dans son ensemble. 

Lotus, titre par titre

Opponent ouvre l’album sur des sonorités familières, un morceau groovy dont les premières notes ne sont pas sans rappeler celles du morceau Sectarian. Un morceau qui me laisse quelque peu indifférente, je dois le reconnaître, mais qui s’avère une bonne introduction au reste de l’album. 

Au début du second morceau, Lascivious, le son de la basse me colle sur place. Durant tout le morceau, elle s’exprime avec justesse, tantôt dans une sonorité ronde et chaude, tantôt de façon plus agressive. Je ne parlerai pas de la batterie, pas encore… et je tiens déjà à m’excuser pour mon manque d’objectivité (putain, est-ce que je me lasserai un jour de dire à quel point ce batteur est bon?!). 

La montée en puissance initiée par Lascivious se prolonge parfaitement sur Martyrs, qui démarre au quart de tour. Le texte est mis en avant, facile à entendre, à comprendre et à retenir. C’est le premier morceau de l’album sur lequel je me surprends à chantonner. Pourtant, et chose agréable, la voix n’est pas mise disproportionnellement en avant par rapport à l’ensemble des instruments et chacun de ceux-ci peut s’apprécier séparément avec un minimum de concentration. Le pont est une parenthèse plus calme, dans laquelle le clavier, la voix s’expriment dans le calme avant qu’une montée progressive ne démarre avec l’arrivée de la basse et de la batterie dans l’équation pour finir en apothéose dans un cri lyrique de Joel Ekelöf suivi par la reprise du refrain. Je dis « oui »!

Après un final net, et sans transition, c’est au titre éponyme de l’album de débuter. Bien plus calme que le morceau précédent, Lotus abrite un petit bijou dans son solo de guitare aux sonorités venues tout droit des 70’s. 

Covenant et Penant prennent le relais de l’album. Ces deux morceaux, quoi que très différents l’un de l’autre, me laissent la même impression de lourdeur, d’une mélancolie latente, malheureusement pas de celles que j’apprécie en musique. Je regrette la façon dont le chant est placé, très classiquement et j’aurais espéré que les instruments ne soient pas les seuls à avoir des parties plus audacieuses. 

La plongée vers un rock plus classique se poursuit avec River qui débute avec le couple clavier – voix. Une voix légèrement rocailleuse avant de s’éclaircir à l’entrée de la guitare. Cette chanson parlera en boucle à quiconque aura un coup de cafard. Mélodie et voix occupent malheureusement une place trop importante dans ce titre qui, bien qu’agréable, ne restera pas dans les annales en ce qui me concerne. 

Rival vient réveiller tout ça et il était temps! La section rythmique reprend sa place centrale dans la musique de Soen. Plus énergique et nerveux que les précédents, le morceau arrive à sortir de sa torpeur l’auditeur quelque peu endormi auparavant.

Lunacy clôture l’album en 8 minutes et je considère que le morceau joue parfaitement le rôle de signature en fin de lettre. Calme et énergique, percutant et mélodique, les éléments représentatifs de Soen y sont présents en quantité au moins suffisante. Le morceau s’éteint lentement, et a presque réussi à me laisser sur ma faim… 

Un avis final

Cet album est extrêmement bien produit (et encore, je pèse mes mots). En regard de la musique, je crois qu’il aurait été difficilement possible d’accorder une place plus juste à chacun des instruments, voix comprise. 

Le groupe a trouvé sa voie (et sa voix) dans l’album Lykaia et a poursuivi son évolution dans Lotus. La section rythmique, qui occupe une place centrale, y développe ses talents à la perfection : Martin Lopez nous partage sa virtuosité « l’air de rien » et Stefan Stenberg nous fait vibrer avec une ligne de basse qui ne se contente pas de suivre le chemin tracé par ses acolytes. Joel Ekelöf maîtrise parfaitement sa voix et nous donne envie d’apprécier cette maîtrise sur scène. Notons enfin que Cody Ford s’accorde parfaitement au line-up qu’il vient d’intégrer.

Cependant, même après de nombreuses écoutes, je regrette toujours un certain manque de cohérence dans l’enchaînement des morceaux. Lotus a été composé en deux ans de travail acharné. Il me semble que les musiciens ont évolué sur ce laps de temps, et qu’ils ne composent plus aujourd’hui comme ils l’ont fait à la sortie de leur album précédent. J’espère que Lotus est un album charnière vers la prochaine master piece de Soen, comme le fut, selon moi, l’album Tellurian qui les a menés de Cognitive à Lykaia.

Groupe Lotus


Soen

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